Le secteur de la construction brésilien est de nouveau en état d’alerte face à une nouvelle vague de pression sur les coûts. L’augmentation des tensions au Moyen-Orient commence déjà à se refléter sur le marché mondial des matières premières et de l’énergie, ravivant les souvenirs de la période la plus critique de la pandémie, lorsque le secteur avait connu une hausse historique des prix des intrants et des retards successifs sur les chantiers.
Les premiers signes de ce mouvement apparaissent déjà dans les indices qui suivent les coûts de la construction. Les matériaux et équipements ont de nouveau enregistré une accélération significative, principalement portée par la hausse des articles liés à la chaîne pétrochimique, aux métaux industriels et à la logistique internationale.
Avec le pétrole en phase de valorisation, toute la chaîne de production ressent les effets. Les produits dérivés, tels que les tubes, revêtements, imperméabilisants et composants chimiques utilisés dans les travaux, tendent à s’alourdir rapidement. L’augmentation du fret maritime et des coûts industriels exerce également une pression sur les fournisseurs et promoteurs.
Dans le segment immobilier moyen et haut de gamme, ce contexte déclenche un signal d’alerte important. Les projets récemment lancés peuvent être confrontés à une révision des coûts durant leur exécution, réduisant les marges et augmentant le prix final des biens immobiliers. Pour les acheteurs avec des contrats ajustés selon des indices de la construction, l’impact peut se manifester directement sur les échéances futures.
Le marché suit le sujet avec prudence car le secteur porte encore les conséquences du dernier grand choc inflationniste survenu entre 2020 et 2021. À cette époque, la combinaison entre désorganisation logistique mondiale, rareté des intrants et envolée des matières premières avait complètement bouleversé la planification financière des constructeurs et des investisseurs.
Aujourd’hui, bien que le contexte soit différent, l’inquiétude revient autour de la prévisibilité. Si l’environnement géopolitique reste instable plus longtemps, la tendance est au maintien de la pression sur les coûts, ce qui pourrait ralentir les nouveaux lancements et rendre le crédit immobilier encore plus sensible au contexte macroéconomique.
Pour le marché haut de gamme, où la finition, la technologie constructive et les matériaux sophistiqués pèsent significativement sur le budget des travaux, toute oscillation internationale a un impact quasi immédiat.



